Le 17 novembre, c’est la Journée mondiale de la Prématurité. Un événement lancé par l’association SOS Préma, qui vient en aide aux parents de bébés prématurés. Les affiches rappellent que la prématurité sépare les parents de leur bébé. Et oui, cette séparation, elle est dure. Très dure. 41 jours de séparation avec l’un de mes jumeaux, Samuel, et 82 avec l’autre, Tom, me permettent de l’affirmer. Ils sont arrivés trop petits, trop tôt, trop fragiles pour rentrer à la maison après leur naissance. Comme 60 000 bébés par an. Les miens sont nés à deux mois avant l’heure, à l’hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon. Mais un préma, ce n’est pas qu’un bébé né trop tôt. Certains bébés s’envolent, trop fragiles.

Pourtant, j’ose penser que la prématurité, la séparation et l’hospitalisation nous apprennent, voire nous apportent beaucoup. C’est pourquoi j’ai choisi de parler, aujourd’hui, des dix belles choses que je n’oublierai jamais.

La journée mondiale de la prématurité a lieu le 17 novembre. Photo SOS Préma
Un câlin en néonat, ça ressemble à ça…. Photo SOS Préma
  1. Je n’oublierai jamais la première fois que j’ai vu mes bébés. Si petits, mais vivants, dans leur couveuse. Tout branchés, les yeux fermés, sur le ventre. Oui, mais vivants. Je pouvais même les effleurer à travers les hublots des couveuses.
  2. Je n’oublierai jamais la première fois où j’ai pris Samuel dans les bras. Tout branché, les yeux fermés, mais dans mes bras. C’était trois jours après la naissance.
  3. Je n’oublierai jamais la première fois où j’ai pris Tom dans mes bras. Tout branché, les yeux fermés, mais dans mes bras. Et vivant. Tom a déjoué tous les pronostics. Je regrette juste d’avoir oublié le visage et le prénom de l’infirmière qui me l’a sorti si délicatement de la couveuse. Le monde n’existait plus. Tom était là. Dans mes bras. C’était près de deux semaines après la naissance.
  4. Je n’oublierai jamais la maman de N.-I., la petite fille qui a suivi Tom dans son long parcours, du service de réanimation néonatale à celui de néonatologie (l’antichambre de la sortie). Tom et N.-I. se sont suivis, leurs couveuses puis leurs berceaux toujours côte à côte. La maman de N.-I. et moi aussi. Et N.-I. est sortie avant Tom. Le jour de la sortie de N-I., sa maman a pleuré. Pas que de joie. Elle a pleuré parce que sa petite fille sortait et pas Tom. « Je m’étais attachée à lui », m’avait-elle juste dit sobrement. Moi aussi, je m’étais attachée à cette maman et sa fille.
  5. Je n’oublierai jamais le jour où cette infirmière m’a dit que j’avais « le droit d’arrêter de sourire et de dire que j’en avais plein le cul ». Oui, je n’avais plus envie de sourire et j’en avais plein le cul de toutes ces complications. Ce langage si direct m’avait fait un bien fou.

    Une affiche de la JMP. Photo SOS Préma
  6. Je n’oublierai jamais la fois ou une puéricultrice m’a couru après, dans la pièce où l’on enlève sa blouse et son masque jetable et où l’on récupère ses affaires avant de sortir du service, en me fâchant gentiment car je n’avais pas pris le temps de lui dire au revoir. Elle m’a fait rire. Elle m’a fait du bien.
  7. Je n’oublierai jamais cette autre infirmière, Alison, qui a choisi un body avec des rayures type marinière pour Tom. C’était la première fois qu’il portait autre chose qu’une couche. « Je voulais en trouver un joli, quand même », m’avait-elle dit. Habiller, même avec seulement un body, son enfant hospitalisé, ça n’a pas de prix.
  8. Je n’oublierai jamais le jour ou Nathalie, encore une infirmière, m’a dit que pour Samuel « la cantine était bonne, il a même voulu du rab ». Mon bébé mangeait au biberon et plus uniquement gavé par sonde naso-gastrique. Et il en redemandait.
  9. Je n’oublierai jamais le jour où l’on a arrêté le scope de Samuel (cette machine qui calcule la saturation en oxygène du sang du bébé et son rythme cardiaque). Je pouvais prendre mon bébé dans les bras et me balader dans le service, sans qu’aucun fil ne l’entrave. Je ne revenais pas de cette liberté.
  10. Je n’oublierai jamais le jour où Monsieur Wohdrey et moi-même avons quitté définitivement le service de néonatologie, Tom endormi dans son cosy. Bien sûr, Samuel était sorti 41 jours plus tôt. Mais sans son frère. La vraie sortie de l’hôpital, c’était le jour où les jumeaux ont enfin été réunis.
    Un service de néonat, cela ressemble à ça… Photo SOS Préma

    Pour soutenir SOS Prema, c’est par ici : http://www.sosprema.com/agir-sos-prema/soutenir-nos-actions/

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