La pelouse du stade est restée impeccable.
La pelouse du stade est restée impeccable.

Vide. Depuis mercredi 16 décembre 2015, le stade de Gerland est vide. L’Olympique Lyonnais l’a déserté, et reçoit désormais ses adversaires au parc OL, à Décines. Le stade de Gerland n’accueille plus personne, en attendant que le Lou prenne ses quartiers en 2017. En juillet, seuls les curieux participants aux visites organisées en juillet, après l’Euro, par le musée urbain Tony Garnier sont rentrés dans l’enceinte.

Le stade de Gerland, bébé de Tony Garnier et Edouard Herriot

Pourquoi le musée urbain Tony Garnier ? Car c’est l’architecte lyonnais qui a conçu, en 1913, le fameux stade de Gerland. A l’époque, Tony Garnier et Edouard Herriot, alors maire de Lyon, sont les fers de lance locaux des théories hygiénistes. Ils veulent que la population dans son ensemble ait accès à la santé et au sport. Lors d’un conseil municipal, Edouard Herriot aurait même déclaré : « les hôpitaux, c’est de l’assistance, les stades, c’est de la prévoyance ».

La construction du stade commence donc en 1913. Il ne  sera officiellement inauguré qu’en 1926 – la construction s’est tout de même poursuivie pendant la Première Guerre mondiale grâce à la main d’œuvre que constitue les prisonniers de guerre. A l’époque, Tony Garnier utilise le béton, alors de rigueur. Il s’inspire de la Grèce antique, et découpe des arches autour du stade. Il avait même prévu que des statuts soient érigées aux entrées du stade !

Euro 84, Mondial 98 : le stade de Gerland se transforme

A l’époque, le stade se situait presque en pleine campagne . Il était doté notamment d’un vélodrome et d’une piste d’athlétisme. Le but ? Que chacun puisse y faire du sport librement, le but, encore une fois, étant d’élever le niveau général de la population. Ces aménagements ont été détruits dans les années 60 et 70, afin d’augmenter le nombre de place dans les tribunes. Le stade de Gerland atteint sa capacité maximale en 1984, année où la France organise – et remporte – l’Euro de football. C’est également pour cet événement que les tribunes Jean Jaurès et Jean Boin sont couvertes, sous l’impulsion de l’architecte René Gagès.

Les derniers gros aménagement datent de 1998, pour la Coupe du Monde de football. Pour être à la hauteur de l’événement, Gerland doit s’adapter. L’architecte Albert Constatin fait alors un choix radical :  détruire les virages Coubertin et Tony Garnier, à l’exception du mur d’enceinte. Les tribunes sont rapprochées du stade et fortement inclinées, pour offrir aux spectateurs une visibilité maximale.

Un stade municipal et classé aux monuments historiques

Mais c’est aussi et surtout l’Olympique Lyonnais qui a forgé l’histoire de Gerland. Le club a été résident du stade de 1950 à 2015. Pourtant, les vestiaires sont plus que modestes, tout comme les loges accueillant les partenaires de l’OL. Pourquoi ? Car Gerland reste un stade municipal, ouvert, en théorie, à l’ensemble de la population, selon la volonté de ses pères fondateurs, Edouard Herriot et Tony Garnier. Il appartient à la ville de Lyon et non au club, contrairement au parc OL.

Si l’OL déménage aujourd’hui, c’est parce que la capacité d’accueil du stade (qui a varié au fil des restructurations) ne pouvait pas être considérablement augmentée – aujourd’hui, elle est de 41 842 places. Pourquoi ? Car le stade de Gerland est classé monument historique et ses arcades, qui font son identité, ne peuvent être détruites et l’enceinte doit être conservée.

Si le stade de Gerland a une âme, il faut reconnaître qu’aujourd’hui, il donne un aspect poussiéreux. Les sièges des gradins se délabrent, les bancs de touche se déchirent. Les écrans des loges ont été enlevés, les moquettes sont tachées. Aujourd’hui, l’avenir du stade de Gerland passe par le rugby. Pour accueillir le Lou, il devrait subir de nouveaux aménagements. Sa capacité sera encore modifiée, et ramenée à 24 000 places. Le début d’une nouvelle page de sa riche histoire.

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