Run in Lyon, ce sont trois parcours qui font la part belle aux berges du Rhône : 10 km, semi-marathon et marathon.
Run in Lyon, ce sont trois parcours qui font la part belle aux berges du Rhône : 10 km, semi-marathon et marathon.

Il n’y a pas plus cliché, à Lyon, que de s’inscrire à Run in Lyon lorsque l’on a un peu pris l’habitude de courir. Forte de mes quelques tours du parc de la Tête d’Or, je me suis donc inscrite à la course des 10 km. Comme 8646 autres runners, finalement. Soit près de la moitié des effectifs, puisque les deux autres tracés regroupaient 7602 coureurs pour le semi-marathon, et seulement 1390 pour le marathon.

Dimanche matin. 6h45. Le réveil sonne. Ca pique. Debout. Cafetière. Tartines. Lentilles de contact. Brosse à dent. C’est bon. Ma soeur et moi sommes prêtes pour aller courir. Ah non, en fait, on est encore en pyjama. Short, magnifique tee-shirt jaune poussin (celui dévolu aux 10 km), dossard. Cette fois, nous sommes prêtes. Avec Monsieur Wohdrey, direction l’arrêt de bus, où seuls quelques runners attendent. L’ambiance est déjà sympa, avec nos signes distinctifs (chaussures de running, dossard, sac à dos), nous savons que nous nous rendons tous au même endroit, place Bellecour. Même les contrôleurs TCL sont sympas.[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=hhllZn_hsSk]

Run in Lyon, subtil mélange de coureurs du dimanche et de « vrais »

Déjà dans le bus, on voit les coureurs du dimanche, comme nous, et les vrais. Comme cet Antoine (le prénom est inscrit sur le dossard), 1,80 m de muscles secs, chaussettes de compression et visage de winner (oui, je les reconnais, les winners). Ou encore cette femme d’une quarantaine d’années qui nous raconte le plus naturellement du monde que, l’an dernier, elle a bouclé les 10 km en 40 minutes, mais bon, cette année, elle ne s’est pas entraînée, alors, elle risque de mettre plus longtemps…. A titre de comparaison, pour ceux à qui ça ne parle pas, moi, je me suis inscrite en 57 minutes. Il s’agit du temps que l’on envisage de réaliser, à définir au moment de l’inscription pour, au départ, être placé dans le bon sas.

Arrivés sur la presqu’île, des nuées de coureurs s’échauffent, s’étirent, trottinent… Sur place, nous retrouvons mon amie E., notre troisième runneuse ! Il est presque 9 heures. Il est temps de regagner notre sas. Celui des 57 minutes, donc. Reconnaissables par leur bracelet vert. Il paraît que les coureurs plus lents sont particulièrement gênants au départ. Nous négocions donc pour entrer dans le sas violet, celui des coureurs en 53 minutes (s’ils sont plus rapides, il ne nous gêneront pas !). Il reste de la place, c’est d’accord. Nous avons l’impression d’avoir fait une super affaire. Genre : t’as vu comment j’ai été maligne. Je pense, en fait, que la moitié des coureurs usent de cette subtile stratégie.

De la difficulté de dépasser les coureurs plus lents

Et c’est parti. La masse énorme des coureurs s’élance doucement. Rapidement, je perds mon amie E. de vue, partie comme une fusée. Reste la frangine. Qui trotte bien vite à mon goût également ! Je la laisse filer. Très vite, je ne vois plus que sa queue de cheval au loin. Je crois que je fais partie de ceux qui gênent, pas des gênés ! Nous attaquons les quais de Saône, côté Saint-Jean. La foule des coureurs est dense. Sur le bord des routes, des encouragements. Et des panneaux des plus mignons (du style « Allez papa et maman ») aux plus drôles (le « Delphine, cours plus vite feignasse », m’a franchement fait marrer).

3e km. Traversée de la Saône au pont Koening. Descente vers les Terreaux. Me dit qu’il va falloir en mettre un coup. J’accélère. Certaines filles commencent à baisser en rythme (je me disais bien, aussi, que tout le monde ne pouvait pas courir aussi vite !) Une douce odeur de transpiration parcourt le peloton, encore très compact.

5e km. Ravitaillement en eau (Evian, le sponsor que tu ne peux pas rater) place des Terreaux. Pas le temps. Je boirai à l’arrivée ! Je prends quand même quelques secondes de réflexion : j’espère sincèrement qu’à cet endroit blindé de monde, mes écouteurs ne vont pas s’arracher. La honte ne tue pas, mais quand même. J’écoute de sacrées daubes pour avancer plus vite. Ce n’est pas de ma faute si je suis d’une génération désenchantée et que baby, you’re a firework.

Je reviendrai !

Nous voilà désormais sur les quais du Rhône – les premiers coureurs sont arrivés depuis une demi-heure. Et là, cela devient compliqué de dépasser les coureurs en perte de vitesse. Il faut jouer des coudes, tout en restant courtois ! 6e, 7e (tiens, revoilà la frangine, allez, on lâche rien !), 8e km… 9e, ouh là, pour moi, ce sera le plus dur. Me serais-je cramée en tentant une remontée que j’aurais voulue fantastique ? Allez (« you can be hero, just for one day », me disent mes écouteurs) on oublie que je n’ai pas un coeur de marathonienne. On souffle bien. On relance. Nouvelle traversée du Rhône. La place Bellecour n’est plus qu’à quelques hectomètres. Un enfant me tend une bouteille de thé glacé Pierre Martinet. C’est gentil, cela fait très Tour de France, mais ça a l’air franchement pas bon. Donc non merci. Petit sprint pour finir. Nous y voilà.

Franchement, contente que ce soit fini ! Zut, mon chrono s’est arrêté, comme toujours. J’estime ma course à 56 minutes (je suis partie à 9h18. Sachant qu’il est 10h14…) . Finalement, mon temps sera de 55’55 ». 30 secondes de plus que la miss E., que je n’ai pas revue de la course, et une minute de moins que la sister. Je me dirige vers le ravitaillement, un peu fourbue mais finalement, plutôt en forme. Certes, le semi-marathon, ce n’est pas pour tout de suite. Mais l’an prochain, je reviendrai. Ne serait-ce que pour l’ambiance.