Oui, encore un. Encore un article sur la prématurité. Oui, mais au cas où vous soyez passé à côté de l’événement, aujourd’hui, jeudi 17 novembre 2016, c’est la Journée mondiale de la Prématurité ! Le problème, avec la prématurité, c’est que le sujet est quasi inépuisable. Et aujourd’hui, j’ai choisi de rendre à Monsieur Wohdrey ce qui appartient à Monsieur Wohdrey et à tous les papas de préma ce qui appartient aux papas de préma : leur place, rien que leur place.

Dès la grossesse (parfois pathologique) on ne pense (presque) qu’à la maman. L’ensemble de votre entourage est gentil. L’ensemble du personnel médical vous chouchoute, vous propose même de « voir quelqu’un » de « vous faire aider ». Vous dit que vous avez le droit de pleurer, le droit de râler. Le papa, qui n’a pas pris de ventre (ou alors c’est un autre problème lié à un excès de kébabs et d’apéros entre amis), est souvent un peu oublié. Le papa ne « porte pas la vie ». Le papa est fort. Le papa est un mec. Le papa ne pleure pas.

C’est le papa qui annonce la naissance… prématurée

Mais à la naissance, c’est au papa que revient la charge d’annoncer ce qui est généralement qualifié d’ « heureux événement ». C’est lui doit formuler le texto annonciateur, tout en faisant comprendre que la situation manque cruellement de banalité. Non, les bébés ne se portent pas « à merveille ». Non, ce n’est pas « 3,5 kg et 50 cm de bonheur », c’est un peu, voire beaucoup moins. « 680 et  1530 g d’anxiété » ? Nan ça craint, tout le monde n’apprécie pas le second degré.

Bref. Le papa, c’est celui qui vous dit d’être prudente et d’attendre, de laisser s’écouler les premières heures de vie avant d’envoyer le fameux texto.

Le papa, c’est celui qui n’a que 10 jours de congés paternité (18 jours pour des jumeaux) et ne bénéficie pas de plusieurs mois d’arrêt pour pouponner. Le papa, c’est celui qui doit jongler entre travail, hôpital et fatigue.

Métro, boulot, hôpitaux

Pour moi qui enlevais le facteur travail à l’équation, mes journées étaient « simples », niveau organisation. Lever, coup de fil à l’hôpital de la Croix-Rousse, comment vont-ils ? Bien ? Cool. Voiture, parking, service de réa, coucou Tom, service de soins intensifs, coucou Samuel. Le papa, lui, fait pareil, mais après avoir checké ses mails, paré au plus urgent niveau travail et annulé un rendez-vous qui tombe à l’heure des soins du bébé. Il finit généralement sa journée sur un tabouret, à côté d’une couveuse (ou d’un berceau),  à l’hôpital. Et ce n’est rien à côté des parents qui doivent faire deux heures de trajet aller/retour pour aller voir leur enfant hospitalisé.

Parfois il n’a pas envie d’y aller, à l’hôpital. Et vous ne comprenez pas. Merde, c’est son (ses) bébé(s). Il n’a pas le droit.

Le papa, c’est aussi celui qui vous supporte le jour où vous rentrez à la maison sans vos bébés, vous n’avez pas envie d’être là, alors vous le zappez, vous voulez aller planter votre tente sur le parking de l’hôpital de la Croix-Rousse puisqu’ils n’ont pas voulu vous garder plus de 4 jours. Finalement, vous vous dites que 4 jours après une césarienne, ce n’est pas raisonnable, alors vous faites la gueule. Jusqu’au lendemain matin où vous retournerez près de ces drôles de maisons de verre que sont les couveuses.

Le papa, il vous supporte aussi quand vous préférez sortir du service quand les chiffres du scope se sont affolés ou quand votre bébé a perdu 15 grammes dans la nuit, on ne sait pas trop pourquoi. Le papa vit les mêmes événements que vous, mais n’en parle pas (trop). Bref, le papa, heureusement qu’il est là.

 

Les papas et la prématurité.
Les papas et la prématurité.

PS : Je partage sur le même thème un article qui m’avait touchée : http://www.leblogdecarla.fr/2016/05/12/316-sa-1kg900-42-cm-21min-la-naissance-prematuree-cote-pere/

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