A toi qui crois que M. de La Palice n’est connu que pour avoir été en encore en vie un quart d’heure avant sa mort, voici un petit article qui rétablira la vérité. Ou plutôt un spectacle, un son et lumière mis sur pied par l’office de tourisme de Lapalisse (*). La façade du château de La Palice a accueilli, pendant six belles soirées de fin juillet le spectacle « Maréchal de La Palice, la vérité ». Pour moi, qui ai grandi à Lapalisse, M. De La Palice, c’est une star. Je me doute bien que ce n’est pas le cas pour tout le monde. Voici son histoire, donc, et la vérité.

De Chabannes, l’ami des rois de France

Jacques II de Chabannes, de son vrai nom (oui, la maire de Lapalisse s’appelle aussi Jacques de Chabannes, mais c’est le numéro 24, et un vrai descendant de qui-vous-savez) naît en 1470. Son père, Jacques Ier de Chabannes, était bien pote avec Jeanne d’Arc. Junior, quant à lui, grandit à la cour, et devient le meilleur ami de Charles VIII, qui montera sur le trône de France. Jacques II de Chabannes entre donc à son service et s’illustre notamment à la bataille Saint-Aubin-du-Cormier, gagnée par les troupes françaises face au duc de Bretagne.

A la fin du XVe siècle, il participera aux batailles d’Italie qui peuvent se résumer par un pas en avant, deux pas en arrière. Pendant des décennies, la France et les diverses provinces d’Italie combattront pour régner sur telle ou telle ville. La Palice se bat (avec bravoure, toujours, car un guerrier sans bravoure, c’est comme un manouche sans guitare) pour la conquête du royaume de Naples, le duché d’Asti et le Milanais (1494)… Naples est prise en 1495, Milan en 1499.

Charles VIII meurt (bêtement : il heurte violemment un linteau). La Palice va alors servir le nouveau roi, Louis XII, qui le nomme vice-roi des Abruzzes en 1502.  Mais il est fait prisonnier par les Espagnols dans le sud de l’Italie. Il restera deux ans dans sa geôle.

La Palice, blessé à de nombreuses reprises

De 1507 à 1513, La Palice continue de servir le roi vaillamment et ne prend pas le moindre jour de repos. Alors qu’il manque de trépasser à Gênes, il repart se battre contre la République de Venise, bataille, à Ravennes, en 1512 aux côtés de son ami le célèbre chevalier Bayard. Blessé à de nombreuses reprises, il commanda les armées françaises lors de certains de ces assauts.

Lorsque François Ier accède au trône, La Palice est encore à ses côtés, et endosse plutôt un rôle de conseiller. François Ier reprend les guerres italiennes, se bat contre les Suisses. Marignan, 1515, La Palice était là aussi. Les Français l’emportent, mais les pertes sont énormes.

Un  quart d’heure avant sa mort…

C’est en octobre 1524 que débute le siège de Pavie. Faut-il attaquer ? Défendre ? Le roi sonne finalement la charge. Les chevaliers, stoppés par les arquebusiers italiens, doivent mettre pied à terre et combattre ainsi. François Ier est fait prisonnier, La Palice, qui, selon le spectacle, aurait exhorté le roi à ne pas lancer l’assaut, est également capturé. Il sera l’objet des convoitises à la fois des Italiens et des Espagnols, qui savent qu’ils peuvent tirer une grosse rançon du Maréchal. Finalement, La Palice est tué par un arquebusier espagnol…

Comment sont nées les lapalissades ?

Voilà comment ses fidèles soldats ont écrit les vers suivants, en hommage à leur valeureux chef :

« Hélas, La Palice est mort / Est mort devant Pavie  / Hélas s’il n’était pas mort / Il ferait encore envie ».

Et oui, s’il n’était pas mort, La Palice ferait encore envie… Une faute de français, un espace rajouté, et voilà comment sont nées les lapalissades, ces affirmations un peu ridicules annonçant une vérité connue par tous…

 

Quid du château de La Palice ?

Reste de La Palice, donc, les lapalissades, mais aussi son château, qu’il fit aménager « à l’italienne », avec l’aide précieuse de sa seconde épouse, marie de Melun. De ses nombreux combats en Italie, La Palice est revenu avec des rêves d’architecture à l’Italienne plein la tête. Le monde ayant, en ce début de Renaissance, les yeux tournés vers la patrie de Léonard de Vinci, que La Palice a rencontré. Aujourd’hui, le château de Lapalisse se visite.

 

 

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(*) Coquetterie orthographique : la ville s’écrit aujourd’hui Lapalisse avec deux S, mais le maréchal de La Palice portait bien un C, tout comme son château.

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