Sur le pont de la Besbre
Sur le pont de la Besbre.

A moins de deux heures de Lyon, la petite ville de Lapalisse, dans l’Allier, possède trois fiertés : son château, des vérités, et… ses embouteillages. Située sur la Nationale 7, elle fut, jusqu’à son contournement en 2006,  le théâtre de bouchons interminables chaque vendredi soir. Une heure pouvait être nécessaire pour traverser la petite Cité des Vérités.

Les embouteillages de Lapalisse, symbole du départ en vacances

C’est pour revivre, le temps d’un week-end, cette époque révolue qu’est organisé, depuis 2006, le deuxième week-end d’octobre, tous les deux ans, l’« Embouteillage de Lapalisse ». Cette année, un millier de voitures des années 50 et 60 ont traversé au pas, pendant plusieurs heures, la petite ville bourbonnaise.

Car si ces embouteillages à Lapalisse en ont fait râler plus d’un, ils sont aujourd’hui le symbole du départ en vacances, de départ pour la Côte d’Azur – la Nationale 7 s’étend sur 996 km, entre Paris et Nice. Certains aimeraient faire de la Nationale 7 une route aussi mythique que la Route 66, aux Etats-Unis, qui, elle aussi, a connu la gloire jusqu’aux années 60, le déclin à partir des années 70 et une certaine renaissance depuis une dizaine d’années.

Les embouteillages de Lapalisse, c’est aussi le symbole des années 50 et 60, quand le cul de la 2Cv traînait par terre tant on avait rempli son coffre, ou que l’on attachait tant bien que mal des dizaines de kilos de bagages sur le toit de son Aronde.

Lapalisse envahie par les 2Cv, les Aronde et les nostalgiques

Celles-ci étaient en nombre, ce week-end. Leurs occupants aussi avaient joué le jeu, arborant un look rétro de rigueur. D’autres ont simulé un accident, intervenant au plus mauvais moment. On pouvait même croiser la bonne soeur du Gendarme de Saint-Tropez dans une 2CV, Jacques Anquetil en passe de remporter son cinquième Tour de France, ou des camions de pompier d’époque.

Certes, on a noté quelques anachronismes, dans ces embouteillages de Lapalisse. Comme des Tractions de la Seconde Guerre mondiale ou des R21 des années 80. Mais l’ambiance était là et la foule aussi, massée au bord de la Route bleue, près des stations essence (au nombre de deux aujourd’hui, contre sept au temps de la splendeur de la Nationale 7…) , sur le pont de la Besbre, près du château, devant les commerces… Rarement Lapalisse n’avait connu une telle foule.